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Quels sont les effets d'une exposition au plomb ? Risques et précautions

Quels sont les effets d'une exposition au plomb ? Risques et précautions

Le plomb est un métal qui est utilisé depuis très longtemps, mais qui est toxique lorsque qu'il est ingéré ou inhalé. Il est en particulier la cause de la survenue de saturnisme (une intoxication au plomb), une maladie qui peut avoir de graves conséquences sur leur santé des très jeunes enfants en particulier. Même si l'emploi du plomb, notamment dans le secteur du bâtiment, est règlementé depuis le 20e siècle, on le trouve encore dans notre environnement quotidien : principalement dans les peintures qui recouvrent les murs des logements anciens et dans leurs canalisations d'eau potable.

Les diverses formes d'exposition au plomb

Le plomb est un métal qui est présent naturellement dans des minerais contenus dans le sol. Depuis très longtemps, et même depuis l'Antiquité, le plomb est extrait de ces minerais par l'Homme pour être ensuite transformé et utilisé dans de nombreux domaines.

Avec la révolution industrielle, le plomb a ainsi été employé pour produire des batteries, des accumulateurs, dans certains carburants, ou encore pour la fabrication de remèdes et de cosmétiques. Mais le plomb a également beaucoup été utilisé dans le secteur de la construction pour fabriquer des peintures, des canalisations, ou encore pour rendre étanches les balcons et rebords de fenêtre.

Jusqu'à dans les années 1950, le plomb a notamment été employé pour fabriquer les petites canalisations d'eau potable, notamment celles présentes à l'intérieur des habitations. Mais ce sont surtout les peintures au plomb, fabriquées plus précisément à partir d'hydroxycarbonate de plomb (la céruse), qui posent problème aujourd'hui dans les logements, même si leur utilisation a été interdite dès 1915, une interdiction très progressivement appliquée dans tout le secteur du bâtiment. Ainsi, on estime que les peintures au plomb, appréciées pour leur résistance à l'humidité et aux moisissures, ainsi que pour leur durabilité, n'ont véritablement plus utilisées dans les logements qu'après 1948.

Le plus souvent, ces très anciennes peintures au plomb ont été recouvertes d'autres revêtements au fil de temps. Mais lorsque ces derniers se dégradent, ces peintures se dispersent dans le logement concerné sous forme de poussières ou de petits morceaux.

C'est pourquoi, même si l'utilisation du plomb est aujourd'hui strictement réglementée en raison de sa toxicité sur la santé, il est encore bien présent dans notre environnement et dans les logements anciens, en particulier ceux construits avant 1949, soit aujourd'hui plus de 11 millions de logements selon le ministère de la Santé.

Quels sont les effets du plomb sur la santé ?

Le plomb est dangereux pour la santé quand il est inhalé ou ingéré. Il peut en effet provoquer de l'anémie, c'est-à-dire un état de faiblesse dû à la diminution des globules rouges dans le sang, et des troubles digestifs. Sur le long terme, une exposition au plomb a aussi pour effet d'atteindre le système nerveux.

On parle alors d'intoxication au plomb, aussi appelée "saturnisme". Une pathologie qui a de graves conséquences sur l'acquisition de certaines fonctions cérébrales et peut entraîner chez les enfants des retards intellectuels, des difficultés d'apprentissage, des troubles psychomoteurs, de l’attention, d'irritabilité, du sommeil, ou encore le ralentissement de leur croissance.

Les jeunes enfants, en particulier ceux de moins de 6 ans, et les femmes enceintes représentent les populations les plus exposées au risque d'intoxication par le plomb. Concernant les enfants, même si les cas de saturnisme ont baissé de manière importante ces dernières années, on dénombre malgré tout près de 500 nouveaux cas en France chaque année, principalement dus à une exposition aux peintures contenant du plomb présentes dans les vieux logements. Les enfants qui vivent dans des logements où les murs ont été recouverts même il y a longtemps par des peintures au plomb sont plus facilement en contact avec ce métal en raison de leur comportement (marche à quatre pattes, jeux sur le sol, objets facilement portés à la bouche, etc.).

Outre les enfants qui sont tout particulièrement exposés au risque d'intoxication par le plomb, le fait de réaliser des travaux dans un logement qui comporte notamment des peintures au plomb fait prendre des risques à ceux qui les réalisent et à ses habitants.

La recherche de présence de plomb obligatoire lors de la vente ou de la location d'un logement ancien

Compte tenu des dangers du plomb sur la santé des enfants, mais aussi de celle des adultes qui sont exposés à ce métal toxique, la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique a prévu certaines obligations dans le secteur du logement afin de lutter contre les intoxications au plomb.

Ainsi, à l'occasion de la vente ou de la location d'un bien immobilier construit avant 1949, le propriétaire doit faire réaliser une étude spécifique qui s'intègre à d'autres diagnostics techniques (des installations d'électricité, de gaz, de présence d'amiante, de performance énergétique, etc.) obligatoires dans certaines situations.

Le diagnostic qui permet de donner des informations sur la présence de plomb dans un logement s'appelle le "constat de risque d’exposition au plomb (CREP)", plus connu sous le nom de "diagnostic plomb". Ce CREP a pour objectif de mesurer la concentration en plomb des différents revêtements (peintures, plâtres, briques, etc.), mais aussi des volets, par exemple, du logement concerné, de décrire leur état de conservation, mais aussi de repérer les situations de risque de saturnisme pour les enfants en particulier. Si un logement en vente appartient à une copropriété, le CREP concerne seulement ses parties privatives.

Ce diagnostic plomb, qui coûte entre 100 et 250 euros, doit obligatoirement être réalisé par un professionnel certifié pour réaliser ce type d'étude, à défaut le propriétaire peut être sanctionné d'une amende de 1 500 euros.

Si, après cette étude, il est constaté la présence de plomb à des concentrations supérieures au seuil de 1 mg/cm², le propriétaire qui souhaite vendre ou louer son logement doit faire effectuer des travaux pour éliminer les risques d'exposition au plomb, avant ces transactions. Comme l'indique le ministère de la Transition écologique et énergétique, "ces travaux consistent à mettre en place des matériaux de recouvrement sur les revêtements dégradés et peuvent inclure le remplacement de certains éléments de construction, ainsi que les travaux nécessaires pour supprimer les causes immédiates de la dégradation des peintures (fuites, etc.)". Toutefois, à l'occasion d'une vente, l'obligation de réaliser ces travaux peut être transférée à l'acquéreur.

Les travaux destinés à supprimer la présence de plomb dans un logement peuvent faire l'objet d'une prise en charge d'une partie de leur coût par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH), à condition que le propriétaire remplisse des conditions liées à ses revenus et que les travaux préconisés à la suite du CREP soient réellement effectués.

Le CREP a une durée de validité qui diffère selon le constat de ce diagnostic. Si la concentration de plomb dans le logement ne dépasse pas le seuil de 1 mg/cm², le CREP est valable pour une durée illimitée, c'est-à-dire qu'il n'est pas nécessaire d'en réaliser un autre si le logement est à nouveau vendu. Si, au contraire, la présence de plomb dépasse ce seuil, le CREP doit avoir moins d'un an au moment de la vente du logement et moins de 6 ans s'il est mis en location.

En cas de vente d'un logement ancien (construit avant 1949), le propriétaire doit remettre ce document à l'acquéreur au moment de la signature de la promesse de vente ou de l'acte de vente. À l'occasion de la location de ce type de bien, le CREP est remis au locataire par le bailleur lors de la signature du bail.

Le vendeur ou le bailleur d'un logement concerné par le CREP s'expose à des sanctions s'il ne fait pas réaliser ce diagnostic ou s'il fait en sorte d'y faire paraître des informations erronées. L'acquéreur ou le locataire a la possibilité, dans ce cas, de faire un recours devant les tribunaux pour annuler la vente ou le bail, et demander des dommages et intérêts éventuellement. À noter : lors d'une vente, le notaire chargé de l'acte peut également voir sa responsabilité engagée dans ces cas-là, et il encourt les mêmes sanctions que le propriétaire.

L'acquéreur et le locataire peuvent aussi saisir la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Cette dernière peut alors appliquer une amende de 300 000 euros et une peine de 2 ans de prison au propriétaire du logement concerné par la présence de plomb non décelée.

À savoir : un CREP doit toujours être accompagné d'une notice d'information sur les dangers du plomb pour la santé.

Quelles précautions prendre en présence de plomb dans son logement ?

Compte tenu de la dangerosité du plomb sur la santé, certaines précautions doivent être prises en présence de ce métal toxique dans un logement.

Il est ainsi vivement déconseillé dans ce cas de réaliser des travaux soi-même du type grattage, ponçage, décapage, percements, démolition, etc., pour éviter d'être exposé au plomb car ces travaux peuvent être à l’origine de la production de poussières contenant du plomb et occasionner l'intoxication des personnes qui sont à leur contact.

D'une manière générale, il est préférable de recouvrir les parties d'un logement contenant du plomb par du papier peint, du papier à peindre, ou encore de la toile de verre si les pièces concernées sont sèches, et par du carrelage si elles sont humides. Si possible, tous les éléments qui peuvent être retirés (plinthes, portes, fenêtres, etc.) doivent être remplacés.

Il est également recommandé dans les anciens logements qui contiennent du plomb de procéder au nettoyage de leur sol très fréquemment avec une serpillière mouillée afin d'éliminer les résidus de ce métal.

Dans les anciennes habitations équipées de canalisations en plomb, les autorités sanitaires préconisent de laisser couler l’eau du robinet pendant une à deux minutes avant de l'utiliser ou de la consommer, surtout la matin ou le soir après des périodes où l'eau a pu stagner dans ces canalisations, mais aussi de privilégier l'utilisation d'eau froide plutôt que chaude.

En matière d'alimentation, pour cuisiner ou stocker de la nourriture, il faut aussi éviter de se servir d'ustensiles en céramique qui, pour certains, sont émaillés avec des sels de plomb.

 
 

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